L’Unité de pneumologie pédiatrique propose une évaluation spécialisée des troubles du sommeil. Soutenue par la Fondation privée des HUG, elle s’adresse aux enfants souffrant de troubles du sommeil lorsque la prise en charge de première ligne ne suffit plus.
Difficultés d’endormissement, réveils nocturnes, ronflements ou pauses respiratoires : ces troubles concernent une proportion importante d’enfants et peuvent, lorsqu’ils persistent, impacter leur développement. Face à la complexité de ces situations, une consultation spécialisée a vu le jour, développée conjointement entre l’équipe de l’Unité de pneumologie pédiatrique et la Dre Russia Ha-Vinh Leuchter du Service de développement et de croissance. Les équipes y sont régulièrement confrontées à des troubles comportementaux associés à des problématiques respiratoires. « Un enfant qui dort bien, c’est un enfant qui grandit bien. Et c’est toute la famille qui va mieux », souligne Valérie Durand, physiothérapeute à l’origine de cette initiative. Le sommeil constitue ainsi un marqueur transversal de santé pédiatrique.
Œuvrer en réseau
Accessible sur recommandation des médecins de premier recours ou des pédiatres après une première évaluation, la consultation accueille des enfants présentant des troubles d’endormissement, des associations inadaptées alimentation-sommeil, des réveils nocturnes multiples ou encore une hypersomnolence. Certaines situations sont plus complexes, notamment chez des enfants avec TDAH ou trouble du spectre de l’autisme. « L’idée n’est pas de se substituer aux pédiatres de ville, mais de travailler ensemble, souligne la Dre Isabelle Ruchonnet-Métrailler, responsable de l’Unité de pneumologie pédiatrique. La force de cette consultation hospitalière, c’est son caractère pluridisciplinaire, à même de mobiliser rapidement la neuropédiatrie et la pédiatrie du développement, la pédopsychiatrie, l’ORL ou la pneumologie pour une stratégie coordonnée de seconde ligne. »
Une approche globale et structurée
La première consultation, qui dure environ une heure, repose sur un binôme médico-infirmier. L’anamnèse détaillée précise la nature du trouble, son contexte et ses répercussions familiales. Si nécessaire, des examens complémentaires (oxycapnométrie nocturne, polygraphie, polysomnographie, électroencéphalogramme) sont proposés. Un suivi est organisé deux à trois semaines plus tard, en présentiel ou en visioconférence.
En l’absence de cause organique, la prise en charge est d’abord comportementale et psychoéducative, avec des outils structurés et un accompagnement parental. « Le rôle des parents est essentiel. Les troubles du sommeil concernent toute la famille et il est important de travailler dans une approche systémique », rappelle Yaël Duchunstang, infirmière spécialisée.
Certaines perturbations peuvent, en outre, révéler des pathologies sous-jacentes (apnées obstructives, reflux, affections neurologiques, difficultés psychiques, etc.), qui requièrent un diagnostic différentiel et, le cas échéant, une réorientation vers la spécialité concernée. « En structurant l’évaluation et en articulant les compétences, cette consultation se positionne en appui du réseau de premier recours pour les situations complexes, tout en renforçant la continuité des soins en pédiatrie de ville », conclut la Dre Ruchonnet-Métrailler.
20 à 30 %
des enfants de moins de 6 ans sont touchés par des troubles du sommeil.
Texte:
- Clémentine Fitaire
Contact
Hôpital des enfants
Rue Willy-Donzé 6
1205 Genève Tél : 022 372 40 01, du lundi au vendredi de 7h à 17h E-mail : ped-sommeil@hug.ch










