Pulsations PRO, article destiné aux professionnels de la santé

Texte: 

  • Clémentine Fitaire

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Scoliose idiopathique chez les jeunes : les bénéfices de la chirurgie mini-invasive

Introduite progressivement aux Hôpitaux universitaires de Genève depuis 2013, la chirurgie mini-invasive est une alternative plébiscitée dans le traitement de la scoliose idiopathique. Plus de 160 jeunes ont bénéficié de cette prise en charge unique en Suisse.

Pour réaligner la colonne et stopper la progression de la scoliose, l’intervention chirurgicale peut se révéler nécessaire. La chirurgie mini-invasive, évolution de la technique classique de correction de la déformation rachidienne de la scoliose, présente de nombreux avantages en termes de confort, d’efficacité et de réduction des complications. 

L’opération consiste à insérer, via trois petites incisions postérieures de trois à quatre centimètres, des implants dans le pédicule vertébral, reliés par une tige rigide en chrome cobalt, de manière à créer un ancrage solide entre les vertèbres. Un greffon osseux est ensuite introduit dans cette zone pour permettre la fusion, dans un angle corrigé, des vertèbres entre elles.

D’une durée de trois à cinq heures environ, l’intervention est réalisée sous contrôle électrophysiologique (neuromonitoring) étroit afin de veiller à ce que la fonction de la moelle épinière ne soit pas perturbée.

Des bénéfices clairs

Les chirurgies mini-invasives ont initialement été appliquées au traitement des scolioses idiopathiques (50% des chirurgies de scolioses) lors de courbures majeures dépassant 40° chez les jeunes en croissance, ou 45° chez les personnes ayant une maturité squelettique. Progressivement, elles ont ensuite été étendues aux scolioses secondaires à des syndromes ou à des maladies neuromusculaires. Pour les courbures très sévères, au-delà de 80°, sa pratique n’est pas adéquate.

Par rapport à la large ouverture médiane traditionnellement pratiquée, les bénéfices de la chirurgie mini-invasive sont cosmétiques, mais aussi musculaires. « La voie d’abord chirurgicale classique de fusion postérieure, qui n’a pas vraiment évolué depuis une centaine d’années, est associée à des dégâts au niveau des muscles extenseurs du dos : dénervation, atrophie, manque de force, etc. », explique le Dr Romain Dayer, médecin adjoint agrégé, responsable de l'Unité orthopédie et traumatologie pédiatriques des HUG. Cette technique mini-invasive préserve significativement les muscles. » Durant l’intervention, les tissus sont en effet écartés par des dilatateurs afin de créer un couloir de travail, sans les léser.

Selon une étude réalisée en partie aux HUG et publiée dans la revue Spine, la chirurgie mini-invasive présente plusieurs avantages comparativement à la technique standard. Tout en offrant une correction similaire, elle est en effet associée à de moindres pertes sanguines – et donc de besoins en transfusion –, à une diminution de la consommation d’opiacés, ainsi qu’à une durée d’hospitalisation post-opératoire réduite.

Une expertise encore rare

Malgré ces avantages, cette nouvelle technique reste encore peu pratiquée. « Elle tend cependant à se développer, notamment chez les jeunes chirurgiens et chirurgiennes de la colonne adulte, qui prennent parfois en charge des enfants et adolescent-es, constate Romain Dayer. Ces spécialistes possèdent plus d’expérience avec les techniques mini-invasives et sont généralement plus sensibles à leur apprentissage que les orthopédistes pédiatriques de la génération précédente. »

Zone de travail plus petite, visibilité réduite, cette technique nécessite en effet une grande précision pour gagner en expertise. D’après les observations menées  aux HUG, une courbe d’apprentissage comprenant 25 à 30 interventions est nécessaire pour maîtriser le geste.

La scoliose idiopathique en chiffres 

5%

prévalence de la scoliose dans la population. Dans la plupart des cas, les courbes sont légères et ne progressent pas.

15 ans

âge moyen d’intervention pour une scoliose idiopathique.

80%

prévalence de filles dans les cas de scolioses idiopathiques sévères.

Pour toute information ou adresser un ou une patiente à l’Unité d’orthopédie et traumatologie pédiatriques (Consultation du rachis) : 
Mme Dominique Ntoko (Secrétariat du Dr Romain Dayer)
Tél. : +41 (0)22 372 47 86
Fax : +41 (0)22 372 47 83

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