Pulsations Réseau de santé, article pour les prestataires de soins

Texte: 

  • Clémentine Fitaire

Photos: 

  • Panuwat Dangsungnoen

Vers une prise en charge personnalisée de la diverticulite

Longtemps standardisée, la prise en charge de la diverticulite a profondément évolué au cours des 15 dernières années. L’intégration de données issues d’essais randomisés et de grandes études cliniques façonne aujourd’hui une approche beaucoup plus individualisée, avec notamment un recours désormais limité à l’antibiothérapie.

La diverticulose colique est fréquente et sa prévalence augmente avec l’âge : près de la moitié des personnes de plus de 50 ans ont des diverticules. Ces hernies de la paroi colique, le plus souvent localisées au niveau du côlon sigmoïde, sont favorisées par une prédisposition génétique, l’obésité abdominale, le tabagisme, la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens ou de corticostéroïdes, ainsi que par un régime alimentaire de type occidental. « Dans la majorité des cas, la diverticulose reste asymptomatique, explique le Dr Jeremy Meyer, médecin adjoint agrégé au Service de chirurgie viscérale. Lorsqu’elle devient symptomatique, on parle de ‘maladie diverticulaire’, un terme qui regroupe plusieurs entités cliniques distinctes. »

Environ 5 % des personnes porteuses d’une diverticulose développeront un épisode de diverticulite au cours de leur vie. Le plus souvent, ces épisodes sont non compliqués ; environ un individu sur cinq présente une forme compliquée (abcès, perforation, péritonite). Le diagnostic de diverticulite ne s’appuie pas seulement sur la clinique. L’examen de référence est le scanner abdominal, grâce auquel il est possible de confirmer le diagnostic, d’évaluer la sévérité et d’orienter la stratégie thérapeutique. Après un premier épisode, le risque de récidive est d’environ 20 % à 10 ans.

Une approche sur mesure

Pendant des décennies, les diverticulites ont toutes été traitées par antibiotiques et les formes sévères relevaient quasi systématiquement d’une intervention de Hartmann (sigmoïdectomie avec colostomie terminale). « Cette approche reposait sur une vision essentiellement infectieuse de la diverticulite, aujourd’hui remise en question », souligne le Dr Meyer.

Pour les diverticulites aiguës non compliquées, plusieurs essais randomisés ont montré l’absence de bénéfice de l’antibiothérapie systématique. Chez des patients sélectionnés, sans sepsis ni comorbidités majeures, une prise en charge ambulatoire sans antibiotiques est désormais possible et sûre, avec un faible taux d’échec.

En cas de diverticulite compliquée par un abcès, une antibiothérapie est indiquée et, lorsque l’abcès dépasse 3 à 4 cm, un drainage percutané radioguidé améliore les chances de succès et peut éviter le recours à une chirurgie en urgence.

Les formes les plus sévères, avec péritonite purulente ou fécale, requièrent une prise en charge chirurgicale, discutée au cas par cas. Lorsqu’une sigmoïdectomie est indiquée, elle est le plus souvent réalisée par voie minimalement invasive. Aux HUG, le taux de récidive après chirurgie est très faible, de l’ordre de 1 % selon une récente publication, le plus souvent sous forme d’épisodes mineurs.

L’expertise institutionnelle

Les HUG se sont imposés comme un centre de référence dans la prise en charge de la diverticulite, contribuant historiquement à l’évolution des classifications radiologiques et à une meilleure compréhension de la maladie. Cette expertise se traduit dans les faits par une organisation résolument multidisciplinaire associant chirurgie colorectale, radiologie interventionnelle, gastroentérologie et nutrition. « Nous disposons de tout le panel thérapeutique pour une stratégie personnalisée, à la lumière des données les plus récentes », précise le Dr Meyer.

Diverticulite et cancer colorectal

La diverticulite ne provoque pas de cancer colorectal, mais elle peut en masquer le diagnostic. « Une étude épidémiologique réalisée dans le canton de Genève a montré un risque 44 fois plus élevé de cancer colorectal dans la population présentant une diverticulite aiguë », souligne le Dr Meyer. Dans les faits, la prévalence du cancer colorectal est d’environ 1 à 2 % après une diverticulite non compliquée, et peut atteindre près de 8 % après une diverticulite compliquée. Une coloscopie est donc recommandée après un épisode de diverticulite compliquée, à distance de la phase aiguë, en l’absence d’un examen récent. Elle est également fortement encouragée pour les diverticulites non compliquées.

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