Texte: 

  • Nicolas Evrard

Photos: 

  • Bsip SA / Alamy

Alzheimer: un nouveau médicament enfin disponible

Un traitement de nouvelle génération indiqué dans le stade débutant de la maladie d’Alzheimer vient d’être autorisé. S’il apporte de réels bénéfices, sa prescription dépend toutefois de critères médicaux très stricts.

En février dernier, Swissmedic a autorisé l’utilisation du donanemab pour le traitement de la maladie d’Alzheimer diagnostiquée à un stade précoce. Les arguments en faveur de ce médicament ont été portés par des études cliniques qui démontrent son efficacité pour retarder le déclin cognitif et de l’autonomie. «Le donanemab ralentit en moyenne d’un tiers la progression de la maladie», précise le Pr Giovanni Frisoni, directeur du Centre de la mémoire. La spécificité de ce médicament, qui est un anticorps monoclonal, est d’agir sur l’une des causes du développement de la pathologie. En effet, il parvient à attaquer les dépôts amyloïdes qui, dans certaines zones cérébrales, causent l’accumulation d’une autre protéine neurotoxique (protéine Tau) et fragilisent progressivement le cerveau.

Ce médicament est réservé aux personnes qui souffrent de la maladie d’Alzheimer à un stade initial se traduisant par des troubles cognitifs légers ou une démence débutante. Ainsi, seuls 7 à 15% des patients et patientes sont éligibles à ce traitement.

L’importance d’un diagnostic précoce

L’arrivée de ce médicament est un argument de plus pour détecter la maladie d’Alzheimer au plus tôt afin d’optimiser sa prise en charge. Le diagnostic requiert un examen clinique, des tests spécifiques et des examens complémentaires: ponction lombaire, IRM, PET-scan ou encore analyse génétique (et analyse de sang dans un futur proche). Ces investigations permettent aussi de savoir si la personne peut bénéficier de ce nouveau traitement. Le donanemab est administré par voie intraveineuse toutes les quatre semaines, durant dix-huit mois au maximum. «Comme tout médicament, il peut être à l’origine d’effets indésirables. Certains d’entre eux sont rares, mais graves: il s’agit de saignements et d’œdèmes cérébraux. Heureusement, grâce à ce que nous avons appris durant les essais cliniques, il est possible de les limiter, notamment en écartant les personnes à risques très élevés et en effectuant régulièrement des IRM cérébrales», souligne le Pr Frisoni.

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