Texte: 

  • Nicolas Evrard

Photos: 

  • Bogsch & Bacco

Cancer du sein sous influence

L’exposition à certains toxiques peut favoriser la survenue d’une tumeur mammaire. Mais les effets sont variables et la présence d’autres paramètres, protecteurs ou délétères, doit être prise en compte.

Plusieurs facteurs de risque impliqués dans le développement du cancer du sein sont aujourd’hui bien connus, à commencer par l’alcool (risque augmenté d’environ 35%), mais également le tabagisme et l’obésité (en particulier après la ménopause). S’y ajoutent la contraception hormonale (augmentation de 10 à 20%) et la substitution hormonale de la ménopause, en sachant qu’à leur arrêt, ce surrisque baisse rapidement. À l’inverse, l’activité physique a un effet protecteur.

Qu’en est-il des perturbateurs endocriniens, souvent pointés du doigt ? « Ils auraient une part de responsabilité dans la survenue du cancer du sein, mais cette hypothèse repose sur des études épidémiologiques fondées sur des observations, car il n’est pas envisageable d’exposer intentionnellement des femmes à ces substances», indique la Dre Anita Wolfer, responsable du Centre du sein des HUG.

Optimiser prévention et dépistage

Dans une perspective de prévention, il est important de connaître l’ensemble de ces données. Pour l’heure, en Suisse, le dépistage du cancer du sein reste proposé tous les deux ans, pour les femmes âgées de 50 à 74 ans. À noter : si la maladie a touché la mère ou une sœur avant 50 ans, une surveillance plus précoce est préconisée, souvent avec la suggestion de commencer environ dix ans avant l’âge d’apparition de la tumeur chez l'autre femme de la famille. Par ailleurs, cet antécédent peut justifier une analyse génétique et la mesure du score du risque polygénique (PRS), afin d’évaluer une éventuelle prédisposition à ce cancer.

À l’avenir, le dépistage pourrait encore évoluer. «Des études sont en cours pour savoir s’il pourrait être personnalisé en fonction de facteurs de risque environnementaux, mais aussi en tenant compte de particularités individuelles (grossesse, allaitement, etc.) et du PRS», précise la Dre Wolfer.

Et l’experte de conclure : «Vis-à-vis de ces diverses influences, les femmes concernées ne doivent pas culpabiliser. Il faut rappeler que le seul fait d’être de sexe féminin est de loin le principal facteur de risque, puisque 99% de ces cancers du sein surviennent chez les femmes !»

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  • Nicolas Evrard

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