Texte: 

  • Clémence Lamirand

Photos: 

  • Nicolas Righetti | lundi13

«Je devais trouver une carrière alliant médecine et voyages»

Le Pr François Chappuis a fait toute son activité professionnelle au Service de médecine tropicale et humanitaire des HUG. Un choix évident au vu de sa passion pour les voyages et de sa volonté de lutter contre toute forme d’injustice sociale.

À 18 ans, François Chappuis n’a qu’une certitude : il veut voyager. La médecine, il n’y pense pas. Pour financer ses premières expéditions, il travaille en tant qu’aide infirmier dans une unité pour personnes paraplégiques des HUG. «Cette expérience m’a donné l’envie de faire de la médecine, je me suis littéralement fait happer par ce métier», se rappelle ce passionné de montagne.

Après s’être octroyé une année sabbatique, il s’inscrit à la Faculté de médecine de Genève, ville dans laquelle il a grandi. «Il était alors clair pour moi que je devais trouver une carrière alliant médecine et voyages», se souvient-il. Une fois sa formation initiale en médecine interne générale achevée, c’est donc logiquement vers la médecine tropicale et des voyages qu’il se dirige. À la fin de sa spécialité, il part avec Médecins sans frontières (MSF) puis, ne voulant pas d’une vie d’expatrié sur le long terme, s’installe à Genève, auprès de sa famille et de ses amis. «Cette ville est le cœur de ma vie», confie le médecin.

François ChappuisUne vie à combattre les maladies négligées

Au sein du Service de médecine tropicale et humanitaire des HUG, alors dirigé par le Pr Louis Loutan, François Chappuis gravit peu à peu les échelons, sans perdre de vue ses missions à l’étranger et son engagement avec MSF. Les maladies tropicales négligées par l’industrie pharmaceutique, les philanthropes, les milieux académiques ou encore les médias constituent sa ligne principale de recherche et de plaidoyer. «Je suis très sensible à toute forme d’injustice, notamment l’injustice sociale. Ces maladies, puisqu’elles touchent les populations les plus pauvres, incarnent parfaitement cette problématique», explique le Pr Chappuis. Il se consacre à la maladie du sommeil et à la leishmaniose viscérale (ou kala-azar) en se rendant régulièrement en Ouganda, au Kenya, au Soudan du Sud et au Népal. Il travaille également sur la maladie de Chagas, maladie émergente qui touche certaines populations migrantes latino-américaines à Genève.

Projets et convivialité

En 2015, le Pr Chappuis remplace son prédécesseur et mentor avec l’objectif de poursuivre le chemin et l’esprit qu’il a tracés. «L’atmosphère de travail dans le service est extraordinaire, ce qui compte énormément pour moi», décrit le médecin. Avec l’ensemble de l’équipe, le service développe des activités médicales telles que des conseils avant et après un voyage et mène des projets humanitaires internationaux. Une consultation spécialisée pour les personnes immunosupprimées amenées à voyager a également été récemment déployée. «En répondant à un appel d’offres du Fonds mondial de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, nous avons aussi créé une antenne sur la rive droite, au Global Health Campus, pour le personnel employé ainsi que le personnel consultant du Fonds mondial et d’autres organisations internationales. Nous leur proposons des consultations de médecine des voyages grâce à notre expertise unique», ajoute-t-il.

Un partenariat avec un hôpital au Népal

L’une de ses principales réalisations reste le partenariat créé entre son service, et désormais d’autres entités des HUG, avec un hôpital universitaire népalais, le B. P. Koirala Institute of Health Sciences (BPKIHS). «Cet extraordinaire projet nous a fait travailler sur des sujets passionnants, comme les morsures de serpents ou les maladies chroniques, mais aussi nouer de réelles amitiés», se réjouit le professeur.

Et c’est finalement cela qui compte le plus aux yeux du médecin genevois, aujourd’hui chef du Département de médecine de premier recours. Il aime rencontrer, échanger, partager, plaisanter, nouer des relations fortes. «J’ai de la chance car, que ce soit dans ma vie professionnelle ou personnelle, j’ai toujours été très bien entouré.»

  • 1984-1990 : Études de médecine à l’Université de Genève.
  • 1995-1996 : Missions avec Médecins sans frontières (MSF).
  • 1998 : Chef de clinique dans l’Unité de médecine des voyages et des migrations des HUG, devenue depuis le Service de médecine tropicale et humanitaire.
  • 1999-2015 : Partage son temps entre le service des HUG et MSF, en tant que responsable médical de projets.
  • 2016 : Médecin-chef du Service de médecine tropicale et humanitaire.
  • 2019 : Chef du Département de médecine de premier recours.

Texte: 

  • Clémence Lamirand

Photos: 

  • Nicolas Righetti | lundi13
Partager
En savoir plus

Mots clés: 

Autres articles