Texte: 

  • Elodie Lavigne

Photos: 

  • François Wavre | lundi13

La force tranquille de la chirurgie

Une fin d’après-midi, malgré un emploi du temps chargé, le Pr Frédéric Triponez, nouveau chef du Département de chirurgie, nous accueille pour évoquer son parcours et ses nouvelles fonctions.

Installé dans son bureau lumineux, le Pr Frédéric Triponez, nouveau chef du Département de chirurgie, nous attend pour se prêter au jeu de l’interview. Le chirurgien de 49 ans se livre en toute simplicité. Aîné d’une fratrie de trois enfants, il évoque une enfance tranquille dans le canton du Jura. Frédéric Triponez n’est pas un enfant du sérail. Son père travaille dans l’industrie, sa mère, comme tant d’autres à l’époque, est femme au foyer: «Elle s’occupait de nous et nous soutenait». Cet enfant sage et studieux fait ses premières classes à Boncourt. Très tôt, le sport fait partie de sa vie, avec la pratique des arts martiaux. A l’adolescence, il se passionne pour l’aviation et suit l’instruction aéronautique préparatoire. Il obtient son brevet de pilote privé – pour voler sur les «petits avions» – en même temps que sa maturité. Son baccalauréat en poche, il s’envole pour les États-Unis pour apprendre l’anglais et devient jeune homme au pair.

A son retour en Suisse, il s’inscrit en première année de médecine, le temps de pouvoir intégrer l’école de recrues. Il rêve de devenir pilote militaire, puis pilote de ligne. Mais le destin en décidera autrement. Il n’est pas reçu au concours et poursuit, avec conviction, ses études de médecine, attiré par les exigences techniques, intellectuelles, et les aspects humains du métier. Tout comme l’aviation, la chirurgie est un univers compétitif, sérieux et protocolaire, qui implique des prises de risque et des décisions rapides. Ça tombe bien, Frédéric Triponez est un homme réfléchi et modéré. «Il a un détachement qui lui permet de résoudre des situations problématiques sans jamais s’énerver. Mais ce n’est pas parce qu’il est gentil que les choses ne suivent pas. C’est une machine de guerre qui ne se fatigue jamais», déclare son adjoint, le Dr Wolfram Karenovics, spécialiste en chirurgie thoracique.

Aux côtés des patients

Frédéric Triponez se spécialise quant à lui en chirurgie endocrinienne, au hasard des opportunités. Il soigne l’hyperthyroïdie, les goitres, les cancers de la thyroïde et les pathologies des glandes parathyroïde et surrénales, entre autres. Une chirurgie qui demande une grande minutie, notamment pour préserver les cordes vocales du malade. Depuis le mois d’octobre, le chef du Service de chirurgie thoracique et endocrinienne a pris les rênes du Département de chirurgie. Malgré ses nouvelles responsabilités, pas question pour lui d’abandonner ses patients: «J’ai accepté ce poste à condition d’être encore le capitaine sur le terrain. Pour un chef de département, c’est une question de crédibilité», insiste-t-il. On est loin de l’image du chirurgien froid et hautain: «Nous sommes les médecins qui passons le plus de temps avec nos patients. Il faut des qualités humaines et d’écoute importantes, la chirurgie étant un stress physique et émotionnel pour le patient». Son stress personnel, il le gère grâce à l’équilibre que lui apportent son épouse Annaïck et ses trois enfants. Il est aussi un grand sportif: triathlon, ski de fond, natation, rien ne l’arrête.

Professionnellement, sa plus grande fierté est la confiance globale que soignants et patients lui accordent. Pour ses confrères, il est un «collègue précieux», «un chirurgien doué», «un homme extraordinaire». Frédéric Triponez a gravi les échelons, mais en restant fidèle à lui-même: «Sa belle carrière universitaire ne l’a pas changé. Il est accessible et ne délègue pas les tâches qu’il estimerait être en dessous de ses compétences», déclare le Dr Patrick Meyer, endocrinologue et collègue de longue date.

Un homme humble et surtout motivé à relever les nouveaux défis qui l’attendent. Sur le plan médical, c’est choisir les meilleures techniques parmi l’éventail toujours plus large de possibilités. Au niveau économique, garder le contrôle sur les dépenses, dans un contexte où la manne financière diminue. Pour ce qui est des ressources humaines, il s’agit de s’adapter aux exigences actuelles en matière de conditions de travail: «La nouvelle génération de médecins souhaite plus d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Une réorganisation bénéfique pour la santé de chacun».
 

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  • Elodie Lavigne

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  • François Wavre | lundi13
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Biographie

  • 1996 : Diplôme de médecin.
  • 2003 : Spécialiste en chirurgie.
  • 2012 : Spécialiste en chirurgie thoracique.
  • 2013 : Médecin-chef du Service de chirurgie thoracique et endocrinienne des HUG et professeur à la Faculté de médecine de Genève.
  • 2018 : Chef du Département de chirurgie.

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