La luette peut être comparée à une sentinelle qui, en plus de lubrifier le pharynx, fait office de barrière contre les germes et l’ingestion d’aliments trop volumineux. Longtemps accusée, à tort, d’être la seule responsable des ronflements, elle peut devenir douloureuse en cas d’inflammation.
La gardienne du larynx
La luette est une structure conique située au fond de la gorge. Si ses fonctions exactes font encore l’objet de discussions, elle contribue sans aucun doute au système de déglutition. En effet, la luette empêche les aliments et les liquides présents dans la bouche de remonter vers le nez. Par ailleurs, elle lubrifie le pharynx, par où passent l’air et ce que nous ingérons. Elle permet aussi la prononciation de certains sons, notamment le «r» en français. Pour finir, elle assure une protection contre l’entrée des insectes et des germes dans l’organisme.
Le papillomavirus à l’origine de cancers
Le cancer de la luette, bien que rare et associé au tabagisme, voit son incidence augmenter chez les jeunes. Cette hausse s’explique par les séquelles d’une infection au virus du papillome humain (VPH), transmis notamment par le sexe oral. Face à ce risque, la vaccination contre le VPH est recommandée pour les adolescents et les adolescentes.
L’ablation de la luette ou uvulectomie
Dans les années 1990, l’uvulectomie était couramment proposée contre les ronflements. Cette pratique est moins répandue aujourd’hui car les connaissances ont évolué et la luette n’est plus désignée comme la cause principale de ce phénomène. Elle n’est désormais retirée que lorsqu’elle est anormalement longue et vibrante et que l’imagerie montre qu’elle contribue aux ronflements. Par ailleurs, s’il est possible de vivre sans luette, son absence entraîne des effets indésirables : sécheresse du pharynx, reflux des liquides par le nez, difficultés à articuler certains sons ou voix nasillarde.
Luette bifide
La luette bifide se caractérise par une extrémité divisée en deux parties. Présente chez 0,5% de la population, cette malformation existe sous deux formes. Elle peut être isolée : seule la luette est fendue, sans atteinte des muscles du palais. Aucun traitement alors n’est nécessaire. Elle peut aussi être associée à une fente palatine, la séparation s’étendant alors aux muscles du palais. Dans ce cas, la luette bifide doit être corrigée par une chirurgie.
Siège d’inflammations
La luette peut s’enflammer lors d’une infection virale ou microbienne, d’une allergie ou d’une irritation. Cela peut provoquer son gonflement, des douleurs et des difficultés de déglutition. Dans de rares cas, l’augmentation du volume de la luette peut contribuer à une détresse respiratoire et devenir une urgence médicale. Parmi les causes possibles, un abcès amygdalien (complication d’une angine) ou un œdème de Quincke (une réaction allergique, médicamenteuse, ou parfois sans cause connue), qui provoque un gonflement rapide de divers tissus sous-cutanés.
1/10 000
Proportion de personnes naissant sans luette ou avec une luette très réduite.
x 5
L’augmentation possible du volume de la luette en cas d’inflammation.
1 à 2 cm
Longueur moyenne de la luette chez l’adulte. Une luette hypertrophiée peut mesurer jusqu’à 4 cm.
< 1 seconde
Vitesse de réaction de la luette lorsqu’elle se soulève pour empêcher les aliments de remonter vers le nez.
Texte:
- Geneviève Ruiz
Photos:
- Stephen Whisler










