Texte: 

  • Giuseppe Costa - André Koller

Photos: 

  • Guillaume Perret | lundi 13

Les avancées de la médecine fœtale

« Au début des années 80, ausculter un fœtus, c’était comme examiner un patient en collant son oreille contre la porte fermée de sa chambre », se souvient le Pr Olivier Irion. Depuis lors, les progrès réalisés dans ce domaine sont énormes.

« Aujourd’hui, l’imagerie est excellente avec des équipes très bien formées. Notre champ d’action comporte deux axes : le dépistage des anomalies chromosomiques et des malformations morphologiques, ainsi que le suivi du bien-être fœtal », relève la Dre Marie-Hélène Billieux, médecin adjointe, responsable de l’unité de médecine fœtale et d’échographie.

Cette unité est la référence régionale pour tous les cas à risque : retard de croissance, placenta insuffisant, artères utérines resserrées, grossesse gémellaire, etc. Selon le problème, le contrôle est plus ou moins fréquent et se fait en collaboration avec les spécialistes de l’organe concerné, les généticiens et les chirurgiens. Un exemple : en cas de transposition des gros vaisseaux, une malformation cardiaque congénitale, une échographie s’assure chaque mois qu’il n’y a pas de problèmes associés. Dans la semaine qui suit la naissance, le bébé est opéré par cathétérisme. « Grâce au suivi par échographie, on prend en charge au mieux cette véritable urgence néo-natale », note la spécialiste.

Autre avancée : le dépistage prénatal non invasif des trisomies 21, 18 et 13. Effectué au 1er trimestre de la grossesse, il comprend une échographie et une analyse du sang maternel. Si le risque est faible (compris entre 1/1001 et 1/20’000 naissances) d’avoir un fœtus porteur d’une des trisomies, il s’ensuit une échographie morphologique à 20 semaines. Par contre, en cas de risque augmenté (supérieur à 1 sur 1000), un test prénatal non invasif, réalisé à partir d’une prise de sang et consistant à analyser le matériel génétique du fœtus, est proposé. « Depuis l’instauration de ce test il y a une année, nous avons évité une amniocentèse à quelque 80% des femmes concernées », constate la Dre Billieux.

    Un seul embryon implanté

    La survenue de grossesses gémellaires suite à une fécondation in vitro (FIV) devrait diminuer avec l’entrée en vigueur en septembre de la révision de la loi sur la procréation médicalement assistée. « Ces grossesses concernent un quart des FIV », rappelle la Dre Isabelle Streuli, médecin adjointe agrégée, responsable de l’unité de médecine de la reproduction. A l’instar d’autres pays, la nouvelle loi autorise la congélation des embryons. Il sera désormais possible d’en implanter qu’un seul à la fois – et éviter ainsi les grossesses gémellaires – en sélectionnant celui qui présente les meilleures chances de grossesse. Et de congeler les autres en vue d’une tentative ultérieure.

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