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  • Laetitia Grimaldi

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  • SIS

Un dispositif anti-coup de chaud pour les pompiers

Inauguré en août 2016, le Soutien sanitaire opérationnel offre une soupape inédite aux pompiers en intervention. Fruit d’une collaboration entre Samaritains et les HUG, le dispositif a déjà été réquisitionné pour une dizaine d’opérations.

Alerte rouge

Passé le risque d’accident immédiat, le plus grand danger menaçant les sapeurs-pompiers en intervention est le coup de chaleur. En cause : un équipement lourd, contraignant et ne permettant pas à la chaleur du corps de s’évacuer, le tout dans un contexte d’effort physique considérable et souvent de chaleur extrême. « Au sens médical du terme, le coup de chaleur est loin d’être anodin, explique la Dre Michèle Chan, médecin urgentiste aux HUG. La température du corps augmente dangereusement, le rythme cardiaque s’emballe, les poumons souffrent, une confusion mentale apparaît. Dans un contexte périlleux, le danger peut rapidement devenir mortel. » L’urgence : faire une pause, refroidir le corps et favoriser la réhydratation avec des boissons froides ou chaudes.

De quoi parle-t-on ?

SSO1 et SSO2 : deux « noms de code » pour des dispositifs complémentaires. « Le Soutien Sanitaire Opérationnel 1 est une remorque de ravitaillement mise au point par le SIS pour aider les sapeurs-pompiers à se ‟recharger” rapidement », résume le lieutenant Alexandre Genolet, responsable de l’unité ambulances au Service d’incendie et de secours (SIS) de la Ville de Genève. Boissons, nourriture adaptée, vêtements de rechange, lavabo, WC mobiles sont ainsi à disposition des professionnels du feu, là où la débrouille était généralement de mise dans un contexte d’urgence absolue.

20 minutes

C’est le temps que se laisse l’équipe médicale pour remettre sur pied un sapeur-pompier victime d’un coup de chaleur. Si passé ce délai ses paramètres vitaux ne sont pas revenus dans les normes, il est évacué, vers la caserne ou l’hôpital en fonction de son état de santé.

Le Soutien Sanitaire Opérationnel 2 est quant à lui appelé en renfort quand le danger sur place s’intensifie ou a d’emblée été jugé extrême par le Commandant des opérations de secours du SIS présent sur place. Le soutien devient alors véritablement médical. Suivant un protocole de contrôle et de soins strict, une équipe de samaritains du PICA (Piquet catastrophe de Genève) et un ambulancier du SIS sont présents avec un arsenal médical : matériel de surveillance des paramètres vitaux (fréquences cardiaque et respiratoire, taux de monoxyde de carbone, tension artérielle, température corporelle), veste et siège refroidissants et matériel de première urgence. Si ce SSO2 a été jugé nécessaire pour l’opération, tous les sapeurs-pompiers engagés sont alors soumis aux tests de santé à intervalles réguliers.

Le rôle des HUG

Un protocole existait, mis en place par le Canton de Vaud. Le SIS y a apporté quelques adaptations, notamment pour les aspects purement médicaux. « Faire appel aux services des HUG était une évidence puisque nous travaillons déjà en étroite collaboration : les médecins de l’UPHR (Unité des urgences préhospitalières et de réanimation) des HUG sont les répondants médicaux du service d’ambulances du SIS », rappelle le lieutenant Genolet. Les deux médecins urgentistes des HUG investies dans le projet sont les Dres Birgit Andrea Gärtner et Michèle Chan, respectivement responsable du protocole médical du SSO et de la formation des samaritains du PICA impliqués dans le SSO.

Pourquoi maintenant ?

« Aux Etats-Unis, ce genre de dispositif est largement répandu, souligne le lieutenant Genolet. Plus proches de nous, nos collègues du canton de Vaud ont mis sur pied un concept de soutien sanitaire pour les sapeurs-pompiers suite au spectaculaire incendie d’un entrepôt d’archives à Lausanne en 2009. » Leur objectif d’alors, partagé par le SIS aujourd’hui : mettre au point un protocole alliant soins et matériel pour permettre aux professionnels de récupérer rapidement et de se réhydrater lors des opérations les plus éprouvantes. « Dans le canton de Genève, poursuit le lieutenant Genolet, la nécessité est devenue criante suite à un fait exceptionnel : la dépollution chimique du site d’Avully qui a mobilisé les sapeurs-pompiers durant trois semaines dans des conditions de travail particulièrement difficiles. »

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Soutien sanitaire opérationnel en ville de Genève
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