Après un grave accident, la fille de Klara a été hospitalisée durant trois semaines, dont six jours en soins intensifs. La mère de famille raconte comment les équipes soignantes l’ont soutenue durant cette épreuve et les mois qui ont suivi.
Klara se souvient : «Dès mon arrivée à l’hôpital, mon cerveau a cessé de fonctionner.» Il y a quelques mois, sa fille de 12 ans a passé six jours en soins intensifs pour de graves plaies. «Voir ma fille branchée à tous ces appareils a été un choc, une réalité insoutenable. Pourtant, dans cette épreuve terrible, certains faits m’ont permis de m’accrocher.» Klara évoque par exemple que durant l’opération de plusieurs heures visant à stopper les hémorragies de sa fille, un membre de l’équipe du bloc opératoire venait lui donner des nouvelles toutes les heures. La Genevoise mentionne aussi les soignantes et soignants qui ont rendu possible sa présence 24 heures sur 24 auprès de sa fille ou encore cette infirmière qui lui a conseillé d’amener rapidement ses deux autres enfants à l’hôpital. «Elle m’a notamment suggéré d’envoyer une série de photos à ma cadette de 8 ans pour la préparer sereinement à la visite. J’ai rassemblé une alternance de clichés de sa sœur, sur son lit d’hôpital, des appareils présents dans sa chambre et des dessins colorés sur les murs des soins intensifs. Cela a été bénéfique.»
Un accompagnement qui intègre les proches
Après les soins intensifs, la jeune fille est transférée en chirurgie. Klara vit alors «dans un brouillard permanent». C’est la bienveillance du personnel – médecins, infirmiers et infirmières, agents et agentes de nettoyage – qui l’a portée, même lorsqu’elle se sentait au bord de l’épuisement. «Les équipes médicales soignaient ma fille avec une douceur infinie, tout en veillant sur moi ainsi que sur mon mari et mes autres enfants. Je n’ai pas de mots pour exprimer ma gratitude, pour la qualité des soins bien sûr, mais surtout pour l’accompagnement humain», explique-t-elle.
Une fois son état stabilisé, la fille de Klara est rentrée à la maison. «Il a fallu organiser les soins à domicile et sa réintégration à l’école. Là encore, l’humanité des équipes soignantes a tout changé», raconte Klara. Les infirmières et infirmiers, parfaitement coordonnés, ont suivi chaque détail de l’évolution de sa fille. Aujourd’hui encore, la famille reçoit un accompagnement psychologique. «La même thérapeute nous suit depuis le début, en famille, avec mon mari ou individuellement. Les premières fois, je me rendais aux consultations avec ma fille, qui ne parvenait pas à mettre des mots sur son traumatisme. Aujourd’hui, elle y va seule, en confiance. Pour ma part, grâce à ce soutien, j’arrive à accueillir mes émotions et celles de mes proches, sans jugement.»
Exprimer ses ressentis
Trois mois après la sortie de l’hôpital, Klara et sa famille ont participé à une consultation de suivi post-soins intensifs pédiatriques. «Nous avons revécu ces moments avec l’équipe soignante. J’ai notamment enfin pu parler de l’angoisse que j’ai ressentie lors du transfert des soins intensifs vers la chirurgie, cela m’a libérée. Ma fille a, quant à elle, osé évoquer sa gêne lors du lavage de ses cheveux, alors que son corps était recouvert de bandes en plastique pour protéger ses plaies. L’équipe a depuis acquis du matériel de coiffure professionnel pour rendre ce moment plus agréable.»
Cette consultation a aussi permis à Klara d’identifier, chez sa fille, les manifestations de séquelles liées à son séjour en soins intensifs : «En cas d’angoisse, de fatigue ou de troubles de la concentration, je sais désormais alerter l’équipe sans tarder.» Avec son mari, elle a également rejoint un groupe de parole pour parents d’enfants hospitalisés en soins intensifs. «Ces échanges ont été précieux, car je me suis parfois sentie incomprise et seule. Je comprends aussi mieux le vécu de mon conjoint. Mon message aux parents qui traversent une telle épreuve ? Acceptez cette aide. Le parcours est long et douloureux, mais ce soutien compte beaucoup, nous avons de la chance de l’avoir», conclut Klara.
Consultation de suivi d’hospitalisation aux soins intensifs pédiatriques : proposée depuis mars 2025 et soutenue par la Fondation privée des HUG, elle est dédiée au syndrome PICS-p (Post-Intensive Care Syndrome – pediatric). Trois mois après la sortie de l’hôpital, l’équipe de soins intensifs qui a suivi l’enfant procède à une évaluation en présence de ses proches pour détecter d’éventuels troubles liés à cette prise en charge et orienter le ou la jeune vers des spécialistes. Le PICS-p touche 80% des enfants hospitalisés en soins intensifs. Ses symptômes sont multiples : fonte musculaire, dépression ou encore troubles du sommeil. Ils peuvent se manifester après plusieurs mois ou années.
Texte:
- Geneviève Ruiz
Photos:
- Hervé Annen










