En juillet 2025, Adib Nahas prenait la direction du Département d’exploitation. Curiosité, adaptabilité et goût de l’excellence l’accompagnent au quotidien dans le management de plus de
1 400 personnes.
Selon Adib Nahas, directeur du Département d’exploitation (DEX), pour comprendre, il faut d’abord expérimenter. Certains jours, il enfile ainsi chasuble et gants de ménage, direction les étages, pour partager le quotidien de ses équipes. «Beaucoup de métiers sont invisibles. Il est essentiel de voir comment ils s’exercent pour en saisir les enjeux», explique-t-il. Derrière ce geste, un fil rouge: le sens du service. Des palaces internationaux aux zones de conflit, jusqu’aux coulisses des HUG, c’est ce qui a guidé la carrière d’Adib Nahas.
Comme il le décrit, le DEX est «l’envers du décor indispensable». Stérilisation, nettoyage, gestion du linge ou encore restauration : plus de 1 300 personnes s’affairent au quotidien pour offrir les meilleures conditions de travail aux personnels des HUG et d’accueil aux patientes et patients. Adib Nahas pense, par ailleurs, qu’il est crucial de «faire fonctionner l’ensemble sans jamais perdre de vue l’humain».
Anticiper les besoins
Né à Beyrouth, il a grandi à Montréal, puis a découvert la Suisse lors de ses études à l’École hôtelière de Glion (Vaud). Diplôme en poche, il rejoint le groupe canadien Four Seasons Hotels et participe notamment aux réouvertures du célèbre George V à Paris et de l’Hôtel des Bergues à Genève. «Dans cet univers du détail, j’ai appris à anticiper les besoins», souligne-t-il.
En 2006, il opère un premier virage professionnel en rejoignant le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Un changement de cap radical, mais naturel pour le trentenaire d’alors, qui a toujours eu une forte aptitude à s’adapter à des environnements différents. «Le CICR cherchait des administrateurs débrouillards, capables de résoudre des situations très variées pour permettre aux équipes d’agir sur le terrain», se souvient-il. Il exercera ainsi au Sri Lanka, en Irak et en Afghanistan notamment. «Par rapport à mes expériences professionnelles passées, les contextes étaient plus instables, les enjeux plus essentiels, mais le service, lui, restait central», décrit Adib Nahas. En 2015, il rejoint le siège du CICR à Genève, où il vit depuis avec son épouse, médecin dentiste, et leurs enfants, âgés respectivement de 8 et 10 ans. «Le Québec compte toujours pour moi, mais Genève est devenue ma maison», assure-t-il.
Missions opérationnelles et stratégiques
Au fil des années, Adib Nahas développe une capacité à naviguer entre missions opérationnelles et stratégiques, ainsi qu’à coordonner des équipes multidisciplinaires, dans des environnements complexes. Sa récente arrivée à la tête du DEX s’inscrit dans cette continuité. Il se réjouit d’avoir intégré un département qu’il décrit aujourd’hui comme «solide et qui fonctionne bien». Son objectif: faire évoluer sans bouleverser, tout en stimulant la remise en question. Sur le terrain, il observe, échange, s’immerge. Une manière de comprendre, mais aussi de reconnaître. «Beaucoup de personnes au DEX travaillent dans l’ombre. Il est essentiel de valoriser leur contribution, de les mettre en lumière.» Il souhaite aussi faire évoluer les regards: «Dans chaque projet hospitalier, il y a une dimension inhérente au DEX, ce qui en fait un véritable partenaire stratégique.»
Du luxe à l’hôpital en passant par l’humanitaire, les contextes changent, mais la logique reste la même: créer les conditions pour que d’autres puissent agir. «Ce qui me motive, c’est la qualité du travail accompli, la curiosité et la satisfaction des usagers et usagères», confie Adib Nahas. Servir, toujours, mais chaque fois différemment.
1973 : naissance à Beyrouth (Liban)
1996 : diplôme en management hôtelier, Glion (Vaud)
1999 : rejoint Four Seasons Hotels & Resorts
2006 : intègre le Comité international de la Croix-Rouge (CICR)
2021 : directeur adjoint des opérations du CICR pour le Proche et le Moyen-Orient
Depuis 2025 : directeur du Département d’exploitation des HUG
Texte:
- Stéphany Gardier
Photos:
- François Wavre










