Plébiscité pour ses vertus en cas de fièvre et de douleurs légères à modérées, le paracétamol peut exposer à des lésions graves du foie s’il est consommé en excès. Décryptage avec la Pre Caroline Samer, médecin-cheffe du Service de pharmacologie et toxicologie cliniques.
Les doses recommandées sont les mêmes pour tout le monde.
Faux. Pour les adultes, la dose à ne pas dépasser est généralement de 4g de paracétamol répartis équitablement sur 24 heures, soit 1g toutes les six heures. Mais de plus en plus, par mesure de précaution, les recommandations préconisent de réduire à 3g sur 24 heures, voire moins chez les personnes à risque de surdosage. Il s’agit de celles souffrant de dénutrition, de consommation excessive d’alcool, de lésions hépatiques ou prenant des traitements dits «inducteurs» (antituberculeux ou antiépileptiques, par exemple).
Tout surdosage impose une prise en charge en urgence.
Vrai. Durant les premières heures suivant l’ingestion excessive de paracétamol, les manifestations d’un surdosage sont discrètes : nausées, fatigue, douleurs abdominales. Mais l’atteinte du foie est amorcée et impose un traitement au plus tôt. En l’absence de prise en charge, c’est dans les 24 à 72 heures que les signes d’une souffrance hépatique grave apparaissent: jaunissement de la peau et des yeux, confusion, somnolence. À ce stade, la sévérité des lésions peut imposer une greffe du foie, voire être fatale.
Le paracétamol est inoffensif pour l’organisme.
Faux. Lors de sa dégradation par le système digestif, le paracétamol libère un composé toxique pour le foie, la N-acétyl-p-benzoquinone imine. Pour contrer son action, l’organisme dispose d’un antidote naturel, le glutathion. Issu de l’alimentation, ce dernier peut manquer en cas de dénutrition ou s’avérer insuffisant si la dose de paracétamol ingérée est trop importante.
Dans 50% des cas, le surdosage est involontaire.
Vrai. De nombreux médicaments utilisés en automédication en cas de rhume, de fièvre ou de douleurs contiennent du paracétamol à des doses susceptibles d’exposer à un surdosage s’ils sont associés avec la molécule elle-même. D’où l’importance de lire attentivement les notices et de ne pas hésiter à demander conseil à sa ou son médecin, son ou sa pharmacienne.
Texte:
- Laetitia Grimaldi
Photos:
- Gettyimages
Pre Caroline Samer
Médecin-cheffe du Service de pharmacologie et toxicologie cliniques










