Texte: 

  • Stéphany Gardier

Photos: 

  • David Wagnières

La vaccination ne s’arrête pas à 65 ans !

En Suisse, la couverture vaccinale des seniors n’est pas optimale. Fort de ce constat, les HUG sensibilisent les équipes soignantes et les patients et patientes concernées en proposant des piqûres de rappel pendant leur hospitalisation.

C'est un projet né d’une observation de terrain : le carnet de vaccination de nombreuses personnes hospitalisées en gériatrie n’est pas à jour. Celles-ci sont, du reste, peu ou mal informées sur les vaccins recommandés pour leur tranche d’âge. Or les plus de 65 ans constituent une population particulièrement vulnérable aux infections, avec des conséquences qui peuvent être graves. «Depuis plus d’un an, nous travaillons en équipe interprofessionnelle pour promouvoir les recommandations vaccinales, non seulement pour les seniors durant leur hospitalisation, mais aussi pour leurs proches et les équipes soignantes», explique la Dre Astrid Malézieux-Picard, cheffe de clinique au Département de réadaptation et gériatrie.

Avant toute chose, il a fallu identifier les freins à la vaccination. «Elle peut susciter des hésitations à tout âge. Chez les personnes âgées s’ajoute souvent le sentiment que la vaccination ne les concerne plus. Beaucoup d’entre elles présentent par ailleurs des maladies chroniques et elles n’ont pas toujours la motivation de rajouter à leur liste de consultations une démarche médicale pour un acte préventif dont elles ne voient pas forcément les bénéfices», décrit le Dr Alessandro Diana, médecin consultant du Centre de vaccinologie.

Aussi pour les équipes soignantes

Des a priori se retrouvent aussi chez une part non négligeable des équipes soignantes. «Elles ne connaissent pas toujours bien les sources d’information et manquent parfois de temps pour se tenir à jour des recommandations ou des publications scientifiques sur les derniers vaccins. Nous avons donc mis en place des journées de formation interprofessionnelles sur le sujet et elles rencontrent un beau succès», se réjouit le Dr Diana. Des cartes de poche résumant les vaccins disponibles pour six maladies à prévention vaccinale ont également été mises à leur disposition, tout comme un groupe intranet dédié.

L’objectif n’est pas de convaincre, mais de transmettre des informations et de répondre aux questions des personnes concernées et de leurs proches. «Il ne faut surtout pas mettre une pression vaccinale. Nous apportons des conseils personnalisés qui prennent en compte la réalité et les perceptions de chaque individu», souligne Laurie Guebey, pharmacienne clinicienne à la Pharmacie des HUG, qui rappelle que les pharmacies de ville jouent aussi un rôle central dans la promotion des recommandations vaccinales auprès des plus de 65 ans.

Des brochures et des affiches destinées au grand public ont été réalisées avec des patients et patientes partenaires, dont Pierre Sutter, 74 ans. «Nous avons proposé que les messages sur ces affiches soient positifs, qu’ils mettent en avant les bénéfices apportés par la vaccination, comme maintenir leur autonomie par exemple», explique-t-il.

C’est en participant à ce projet qu’il a lui-même découvert le vaccin contre le zona. Depuis, il en parle à son entourage. «Je suis moi aussi un patient, les personnes me parlent peut-être plus facilement de leurs inquiétudes que si j’appartenais au monde médical», souligne Pierre Sutter, heureux de pouvoir ainsi s’investir en faveur de la santé des seniors.

Éviter des conséquences parfois graves

Avec l’âge, l’efficacité du système immunitaire diminue alors que l’inflammation chronique, elle, augmente, rendant plus vulnérable aux infections. Mais passé 65 ans, et encore plus après 75 ans, une maladie infectieuse a des conséquences bien plus importantes que chez des personnes plus jeunes. Elle peut notamment déséquilibrer une maladie chronique (asthme, diabète, etc.), engendrer des complications cardiovasculaires, réactiver un virus latent – comme celui du zona – ou encore exposer à des chutes. Autant d’événements qui augmentent le risque d’hospitalisation et d’une perte d’autonomie. Pour rappel, chaque année, en Suisse, des infections à prévention vaccinale sont responsables de centaines de décès chez les personnes âgées, à commencer par la grippe saisonnière.

Texte: 

  • Stéphany Gardier

Photos: 

  • David Wagnières
Partager
En savoir plus

Mots clés: 

Autres articles