Pulsations Réseau de santé, article pour les prestataires de soins

Texte: 

  • Clémentine Fitaire

Photos: 

  • Getty - magicmine

Vers des traitements combinés contre le cancer du foie

La prise en charge du cancer du foie connaît une transformation rapide, portée par l’essor de l’immunothérapie et des approches combinées. Ces nouvelles stratégies modifient en profondeur la place des traitements systémiques et ouvrent des perspectives inédites.

Le traitement du cancer du foie s’appuie aujourd’hui sur une palette thérapeutique élargie, dont le choix dépend non seulement du stade tumoral, mais surtout de la fonction hépatique, élément déterminant dans cette pathologie. La chirurgie – résection ou transplantation dans des situations sélectionnées – demeure la pierre angulaire, tandis que les traitements locorégionaux occupent une place croissante.

Dans ce contexte, l’immunothérapie constitue une avancée majeure. « C’est aujourd’hui notre première ligne de traitement lorsque la maladie n’est plus éligible à un traitement local », souligne le Dr Vassilis Genoud, chef de clinique au Service d’oncologie médicale. Initialement réservée aux formes avancées, elle tend désormais à être introduite plus précocement, y compris en amont de la chirurgie. Un essai mené par le Pr Christian Toso, médecin-chef du Service de chirurgie viscérale, évalue ainsi une stratégie néoadjuvante visant à améliorer le contrôle tumoral et à limiter les récidives. Cette évolution marque un changement de paradigme, les traitements systémiques n’étant plus uniquement envisagés en dernier recours, mais intégrés plus tôt dans le parcours de soins.

Combiner les traitements pour en renforcer l’efficacité

La principale avancée réside aujourd’hui dans l'association de plusieurs modalités de traitement. « Nous travaillons de plus en plus de manière combinée, simultanée », explique le Pr Toso. Ce changement vise à potentialiser les effets thérapeutiques, notamment en conjuguant traitements locorégionaux et immunothérapie.

Des données émergentes vont dans ce sens et suggèrent un effet synergique entre ces modalités. « Combiner un traitement local et une immunothérapie pourrait potentiellement maximiser l’effet immun », précise le spécialiste. Ces approches ouvrent la voie à des prises en charge plus efficaces, y compris dans des situations complexes. Le choix du traitement reste toutefois hautement individualisé, guidé par les caractéristiques de la tumeur, l’état du foie et le contexte global du patient ou de la patiente.

Intelligence collective

Cette complexité impose une organisation multidisciplinaire structurée. Aux HUG, les décisions reposent sur des tumor boards réunissant chirurgiens, chirurgiennes, oncologues, hépatologues, radiologues et radiothérapeutes, auxquels les médecins en ville peuvent adresser des cas. « L’intelligence collective du groupe génère les meilleures décisions. Jusqu’à présent, nous travaillions ensemble, maintenant nous travaillons simultanément, dans une prise en charge conjointe », souligne le Pr Toso.

Grâce à ces stratégies combinées et à une coordination renforcée, le pronostic du cancer du foie s’améliore progressivement. Cette évolution tient aussi aux efforts de prévention, dont l’impact est bien établi : vaccination contre l’hépatite B, traitements de l’hépatite C et prise en charge des maladies métaboliques.

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  • Clémentine Fitaire

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