Texte: 

  • Sylvie Ulmann

Photos: 

  • Nicolas Schopfer

« La transformation numérique est un voyage »

À la tête de la Direction de la transformation numérique et de l’intelligence augmentée (DTN-IA) des HUG depuis début février 2026, Anne-Claire Pliska s’appuie sur un parcours au carrefour de la stratégie, de l’innovation et de la technologie. Sa mission : aborder les défis qui attendent l’hôpital, en lien notamment avec l’intelligence artificielle (IA) et la cybersécurité.

Anne-Claire Pliska Pulsations Quels sont les enjeux prioritaires actuels des HUG en rapport avec le domaine numérique ?
Anne-Claire Pliska Ils sont multiples, mais peuvent se résumer à un double objectif : offrir les meilleurs soins tout en rendant l’hôpital plus efficient. Dans un contexte de plus en plus numérisé, la souveraineté de l’e-dossier patient informatisé par exemple, qui est au cœur de l’activité de la DTN-IA, est primordiale, mais elle ne doit pas empêcher de collaborer avec des partenaires externes, notamment dans le cadre d’innovations numériques. Un autre enjeu, d’ordre culturel et organisationnel, vise à garantir l’adoption des usages numériques. Nous demeurons très à l’écoute du terrain, avec des représentantes et représentants de la DTN-IA dits «ambassadeurs». Leur rôle consiste tout à la fois à faciliter l’adoption de nos produits numériques et à s’assurer de leur adéquation aux usages. Ils sont également invités à repérer d’éventuels nouveaux besoins.

Ces nouveaux outils visent-ils aussi à simplifier le lien des patients et patientes avec l’hôpital ?
Oui, nous avons déjà des solutions, notamment l’application Concerto, qui est un point d’accès numérique aux HUG. Elle permet d’interagir avec les patientes et patients avant, pendant et après leur passage à l’hôpital. Elle a déjà été téléchargée plusieurs milliers de fois, et ce n’est qu’un début. À terme, une large part de la communication se fera via le mobile. Ce sera valable aussi bien pour la prise de rendez vous que pour des téléconsultations ou un suivi à distance. Mais la transformation numérique ne se fera pas en un jour, c’est un voyage qui prendra du temps. Après tout, ces technologies sont jeunes : l’un des smartphones les plus répandus par exemple n’aura que 20 ans l’an prochain.

Quelle est la place de l’IA aux HUG ?
Elle représente un fort potentiel dans plusieurs domaines d’activité. Cela concerne les pratiques médico-soignantes, comme l’aide à la décision, alliée des traitements individualisés, ou encore la gestion des flux. Mais l’IA peut aussi représenter un atout majeur dans le secteur administratif, notamment pour automatiser les processus.

Quelles formes concrètes peut prendre la collaboration entre IA et corps médical ?
L’IA contribue à faire évoluer les soins, dans les domaines de la prévention, du diagnostic et des traitements. Un exemple fort est celui des progrès en médecine préventive et personnalisée. En oncologie, par exemple, il est possible d’adapter les traitements aux données individuelles, de sortir de schémas standards et d’obtenir ainsi de bien meilleurs résultats. Un autre exemple est la fonction de scribe, qui résume automatiquement les discussions entre le ou la médecin et le ou la patiente. En considérant l’IA comme une intelligence augmentée, c’est à dire comme un assistant, nous replaçons la relation entre le ou la médecin et le ou la patiente au centre. L’IA ne prend bien sûr aucune décision d’elle-même.

En juin 2027, Genève accueillera l’AI Impact Summit, le sommet international sur l’IA, après Paris en 2025 et New Delhi en 2026. Quel est l’enjeu pour les HUG ?
C’est une vitrine majeure pour nous et une opportunité de montrer tout à la fois notre expertise et notre leadership en gouvernance de l’IA dans la santé. C’est également une occasion unique de nouer des partenariats de premier plan avec des acteurs clés du domaine.

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