«Racontez-moi ce qui s’est passé» : c’est généralement par ces mots qu’Antonina Chilin, sage-femme à la Maternité et à l’origine de la consultation «Vécu de l’accouchement», commence l’entretien avec la mère ou le couple. «Au début, je ciblais mes questions sur le dossier médical.
J’en déduisais ce qui avait pu être difficile à vivre, comme une césarienne réalisée en urgence. Mais bien souvent, la cause était tout autre, moins tangible, plus intime», explique la sage-femme. Ouverte depuis 2008, cette consultation constitue un espace de parole lorsqu’une souffrance persiste après l’accouchement. Elle peut s’organiser à la demande de la femme, du couple ou être suggérée par un ou une professionnelle de santé. Menée par Antonina Chilin, parfois en binôme avec un ou une médecin, elle est l’occasion de revenir sur ce qui a été mal vécu avant, pendant ou après l’accouchement. «Les cas de figure sont multiples. Il peut par exemple s’agir d’une incompréhension face à un geste médical. Celui-ci peut alors générer une souffrance en lien avec une interprétation erronée de ce qui s’est passé. L’accouchement peut aussi engendrer la réminiscence brutale d’un traumatisme jusque-là enfoui, en lien par exemple avec une agression sexuelle passée.»
Et l’experte de conclure : «Bien souvent, cet échange suffit à apaiser, en dissipant les zones d’ombre et en libérant ce qui n’a pu être exprimé plus tôt. Quand la situation est plus complexe, elle peut aussi révéler la nécessité d’une prise en charge médicale spécifique.»
Dossier obstétrique
Texte:
- Laetita Grimaldi
Photos:
- Bogsch & Bacco avec l'aide d'une IA










