Texte: 

  • Laetita Grimaldi

Photos: 

  • Bogsch & Bacco avec l’aide d’une IA

Santé maternelle sous surveillance

Assimilable à un test d’effort sur neuf mois, la grossesse sollicite fortement l’organisme des femmes. Susceptible d’aggraver une maladie déjà existante, impliquant parfois le changement des traitements habituels, elle expose aussi à la survenue de pathologies spécifiques. Zoom sur trois d’entre elles avec la Dre Bénédicte Le Tinier, médecin adjointe responsable de l’Unité de consultation prénatale.

Hypertension artérielle gestationnelle

Pour apporter les nutriments nécessaires au fœtus et au placenta, le cœur de la mère accentue son activité durant la grossesse, augmentant notamment le débit et la fréquence cardiaques. Cette adaptation physiologique est supportée par la majorité des femmes, surtout si une activité physique régulière était pratiquée avant la grossesse. Mais parfois, notamment en cas de sédentarité ou d’obésité, elle peut entraîner une hypertension artérielle gestationnelle, avec le risque de provoquer un retard de croissance fœtal ou d’évoluer vers une prééclampsie.

Prééclampsie

Complication sévère de la grossesse, la prééclampsie peut avoir deux causes, parfois liées. La première est associée à un dysfonctionnement du placenta dès son implantation. Un dépistage personnalisé précoce, fondé sur les antécédents médicaux et des mesures échographiques, existe. Si le risque est confirmé, un traitement préventif reposant sur de faibles doses d’aspirine, est recommandé au plus tôt. Le second cas de figure survient en fin de grossesse, le plus souvent en présence de facteurs de risque (hypertension artérielle, obésité, diabète, etc.). Selon le moment auquel elle survient, la prééclampsie impose soit une hospitalisation pour une surveillance maternelle et fœtale rapprochée, soit le déclenchement de l’accouchement si la grossesse est à terme (soit 37 semaines d’aménorrhée) en raison d’un risque de complications pour le fœtus et pour la mère.

Diabète gestationnel

Sous l’influence d’hormones sécrétées par le placenta, une résistance à l’insuline survient à partir du deuxième trimestre de grossesse. Conséquence : un risque d’excès de sucre dans le sang. Quand l’organisme maternel compense ce phénomène, les taux de glycémie restent normaux. Mais en cas de prédispositions au diabète, d’obésité ou encore d’alimentation déséquilibrée, un diabète gestationnel peut apparaître. Une prise en charge adaptée associant diététique, activité physique et parfois injections d’insuline est alors mise en place pour éviter les complications pour la mère (lors de l’accouche­ ment notamment) et pour le bébé (risque d’hypoglycémie à la naissance, prédisposition à l’obésité infantile).

NAOMI, 34 ans

« Accoucher dans l’eau a été magique »

« Étant moi-même sage-femme aux HUG, j’ai récemment vu arriver à la Maternité ces trois formidables baignoires destinées à l’accouchement. Ne présentant aucune contre-indication (problèmes de santé de la femme ou du fœtus, poids fœtal trop élevé, prématurité, demande d’une péridurale, ndlr), j’ai eu la chance d’en bénéficier pour la naissance de mon deuxième enfant, qui a aujourd’hui 4 mois. Et cela a été au-delà de mes espérances : accoucher dans l’eau a été magique. Il y a eu la chaleur apaisante de l’eau, la possibilité de bouger librement pour atténuer les douleurs des contractions, l’absence de frottements avec le moindre tissu. Lorsque mon fils est né, cela a été un enchantement absolu. Mon conjoint garde le souvenir presque irréel de le voir évoluer paisiblement dans l’eau comme un petit poisson. Cela a duré une poignée de secondes, ce qui est possible (jusqu’à une minute), car le bébé n’a pas encore respiré d’air. Puis nous sommes sortis de l’eau pour la suite des soins et la coupe du cordon. Tout s’est fait dans un climat de sécurité et de douceur absolues. »

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  • Laetita Grimaldi

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