Les problématiques d’addiction évoluent rapidement et concernent des profils de plus en plus variés. Pour soutenir le réseau de soins confronté à des situations complexes, les HUG ont créé le programme LEO (Liaison, Évaluation, Orientation). Cette équipe mobile intervient en appui du personnel de santé afin de prévenir les ruptures de prise en charge.
Les problématiques d’addiction évoluent rapidement et concernent des profils de plus en plus variés. Pour soutenir le réseau de soins confronté à des situations complexes, les HUG ont créé le programme LEO (Liaison, Évaluation, Orientation). Cette équipe mobile intervient en appui du personnel de santé afin de prévenir les ruptures de prise en charge.
Au CAAP Arve (Centre ambulatoire d’addictologie psychiatrique Arve), les équipes ont observé, ces dernières années, une diversification des profils et des substances consommées. Une enquête menée auprès du réseau genevois a mis en évidence un besoin largement partagé : disposer d’un soutien spécialisé facilement identifiable. « La principale crainte décrite était de se retrouver face à des situations complexes sans vraiment savoir vers qui se tourner », résume la Dre Océane Humel, cheffe de clinique, responsable du développement du programme LEO.
Une expertise mobile au service du réseau
LEO intervient à la demande d’un ou d’une professionnelle de santé, avec l’accord de la personne concernée. Sa mission est d’apporter une expertise spécialisée lorsque les besoins dépassent les ressources habituelles, et ce, en se rendant au plus près du lieu où se déroule le suivi. « Nous sortons des murs de l’addictologie pour aller dans la cité, dans les milieux de soins des personnes touchées », explique la Dre Océane Humel.
Grâce à cette approche, les situations sont évaluées dans leur globalité – contexte médical, psychique et social – et des réponses adaptées sont proposées. L’objectif est aussi d’éviter de médicaliser à l’excès certaines pratiques. « Toutes les consommations ne relèvent pas d’une addiction », rappelle la Dre Humel. Une évaluation spécialisée permet d'identifier les situations nécessitant un traitement, mais aussi celles pour lesquelles des mesures de prévention, de réduction des risques ou de psychoéducation sont suffisantes.
Un soutien concret
Le programme s’adresse en priorité aux équipes de première ligne confrontées à des situations complexes ou inhabituelles. Elles peuvent solliciter LEO pour un simple avis spécialisé, une évaluation ponctuelle, un soutien à la coordination ou une orientation, le cas échéant. Le but n’est pas de transférer systématiquement la personne vers une consultation spécialisée, mais d’apporter aux soignants et soignantes l’expertise nécessaire pour poursuivre, lorsque cela est possible, le suivi dans le cadre habituel des soins.
Cette collaboration s’avère particulièrement utile face à l’augmentation des situations liées aux opioïdes prescrits, dans lesquelles une adaptation thérapeutique ou un sevrage mal conduit peuvent entraîner un arrêt des traitements et accroître les risques.
Le projet RUE
En réponse à la crise du crack survenue à Genève en 2023, les HUG ont lancé le projet RUE (Réponse urgente engagée), qui a profondément transformé les pratiques en addictologie, en renforçant les approches consistant à « aller vers ». Cette équipe mobile intervient directement dans les lieux de consommation afin d’aller au contact des personnes les plus précarisées, de leur proposer des soins et de faciliter leur accès au système de santé. Le programme LEO (Liaison, Évaluation, Orientation) complète cette approche en intervenant plus en amont, auprès des personnes déjà suivies dans le réseau ambulatoire, afin de prévenir les ruptures de parcours et d’éviter l’aggravation des situations.
Texte:
- Clémentine Fitaire
Photos:
- Afry Harvy










